En ces temps de rigueur budgétaire, il faut le marteler: non, la culture ne coûte pas cher! Au contraire. Elle a un impact positif sur son environnement en attirant un public dans les lieux où se tiennent spectacles, expositions ou manifestations diverses.
Cette thèse est souvent défendue par les milieux de la culture, la recherche de subventions pour monter des projets. Directeur de l'Opéra national de Lyon depuis 2003, Serge Dorny, a voulu en avoir le coeur net et a commandé une étude sur les retombées économiques de l'établissement, au cabinet Nova Consulting, spécialiste du secteur. Il estime qu'une institution culturelle, au même titre qu'une entreprise, doit optimiser la connaissance et l'approche marketing de ses publics et mesurer son impact économique, touristique, politique et social au sein de son territoire.
Cette étude a été menée de mars juillet 2011 auprès de 25.000 spectateurs qui ont rempli un questionnaire tandis que 5.000 étaient interrogés en complément. Ses résultats sont éclairants: pour un euro de subvention, l'Opéra de Lyon génère environ 3 euros de recettes directes, hors impact global sur la ville. Pour 29 millions d'euros de subventions, les retombées économiques s'élèvent 80 millions... On peut trouver investissement moins rémunérateur.
L'impact de l'Opéra de Lyon
Les dépenses engagées par l'Opéra avec ses salariés mais aussi avec ses sous-traitants (sécurité, restauration, entretien, matériaux pour les décors et costumes, transports...) représentent 2 euros de retombées pour chaque euro de subvention.
S'y ajoutent les dépenses des spectateurs, soit 0,80 euro par euro de subvention. Les seules dépenses de restauration et café autour de l'Opéra sont significatives puisque 60% des spectateurs consomment... L'Opéra de Lyon a en outre adopté une politique d'échange et d'internationalisation: il co-produit certains de ses spectacles avec d'autres opéras et sa troupe (...)